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| Société - Introduction de la langue comorienne dans le système éducatif |
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| Le processus est bien lancé |
| Publié par: HZK-Presse: 21/07/2009 - 13:42:25 |
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| Introduire la langue comorienne dans le système éducatif national. Ce projet du ministère de l’Education nationale avec le soutien du programme d’appui au secteur éducatif aux Comores (Pasec), vise à la valorisation et la promotion de la langue comorienne. Un atelier de formation destiné à plus d’une trentaine d’enseignants et encadreurs pédagogiques issus des trois îles de l’archipel s’est tenu du 8 au 18 juillet à l’Ifere.
Une première phase théorique qui consiste notamment à fournir, aux participants, les bases de la structure morphosyntaxique de la langue nationale. Il s’agit surtout de voir comment les mots sont formés et comment tous ces éléments morphologiques sont agencés pour former une phrase. Cet atelier fut aussi l’occasion, pour les bénéficiaires qui ont déjà suivi des formations sur l’étude de leurs dialectes locaux, de procéder à une confrontation de ces différents parlers pour relever les dissemblances et les ressemblances. Une expérience visant particulièrement au renforcement de la connaissance de la langue.
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« La formation s’est bien passée. Il n’y avait pas de difficulté de compréhension, mais il s’est avéré que le Shingazidja est plus compliqué que les autres », a relevé une participante. Ce sont ces formateurs participants aux ateliers, qui auront la charge de sensibiliser leurs collègues mais également contribuer à l’élaboration des documents didactiques du Shikomori. « Je me sens capable de mener à bien la mission qui me sera confié », a assuré Daroueche Ahamadi, enseignant de français au lycée de Liwara à Anjouan.
Selon, le linguiste Mohamed Ahmed Chamanga, qui est le principal instructeur dans ce projet, une proposition d’orthographe officielle est déjà établie et n’attend que son adoption en conseil de ministres. Le processus d’introduction de la langue comorienne dans le système éducatif se fera d’une manière progressive et graduelle.
Ainsi dès la rentrée 2010-2011, nos enfants feront leurs premiers pas d’écoliers entièrement dans leur langue maternelle avec une introduction progressive du français. Des écoles pilotes seront ouvertes au niveau de chaque île avant la généralisation du système si l’expérience s’avère convaincante. La langue comorienne sera ensuite une matière à part entière dans le programme scolaire des collégiens.
« Cela a été prouvé pédagogiquement que la connaissance de sa propre langue maternelle facilite non seulement la compréhension mais aussi l’apprentissage des autres langues », justifie A. Chamanga. « Cela se passe comme ça partout dans le monde sauf dans les pays francophones d’Afrique », ajoute-t-il. Ce professeur à l’institut national de langues et civilisations orientales (Inalco) à Paris, qui soutient que « l’enseignement du français a échoué » dans notre pays, impute cet échec à la « non prise en compte de la langue maternelle des enfants ».
La langue comorienne étant composée de quatre variantes insulaires, les techniciens de l’enseignement ont convenu sur la nécessité de conserver, dans un premier temps, le parler local dans chaque île. Un centre d’étude qui sera mis en place verra ensuite comment harmoniser le système. Au-delà de l’introduction du Shikomori dans le système éducatif national, les initiateurs de ce projet voient plus large. « Certains documents administratifs doivent être en langue nationale ou du moins bilingues », plaide Mohamed Ahmed Chamanga. Tout un programme…
Said Ali
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