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| Société - En entendant les résultats du Bureau enquête et analyse |
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| La France seule maître à bord |
| Publié par: HZK-Presse: 15/07/2009 - 11:05:58 |
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| Arrivée à bord du vol spécial « Bleu Line » affrété par la compagnie yéménite, une équipe du BEA conduite par les services du ministère des affaires étrangères français se trouve sur place à Moroni avec les familles des victimes. L’objectif de cette mission du BEA consiste à poursuivre les recherches, faire un complément d’enquête et d’analyse des circonstances du crash du vol IY 626 de l’A310 de Yemenia Airways, survenu aux larges des Comores le 30 juin dernier.
Au-delà des hypothèses avancées ici et là sur les causes probables de l’accident, il nous faut encore dissiper des nuages et surtout disposer d’éléments de preuve concrets pour mieux comprendre ce qui est arrivé la nuit du drame. Force est de constater que les moyens font encore cruellement défaut à notre pays, au point qu’il s’en remet entièrement au travail de recherches des seuls experts étrangers.
Nous nous sommes rendus hier au PC de la cellule de crise située au Cosep (Centre des opération de secours) pour s’enquérir de l’état d’avancement des recherches des fameuses boites noires de l’appareil, 15 jours après le crash, ainsi que des opérations de repêchage et d’identification des corps. Ici l’on apprendra avec certitude qu’une vingtaine de corps se trouvent entre les mains des autorités tanzaniennes et subissent à l’heure des analyses médico-légales pour s’assurer de leur identité avant toute procédure de rapatriement. C’est la législation de ce pays qui l’oblige, avant remise éventuelle des corps aux familles des victimes ou aux pays concernés par le drame dont l’Union des Comores, la France, le Yémen, etc. |
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Au COSEP on nous répond que « les recherches de la boite noire se poursuivent en haute mer avec l’arrivée le 17 juillet prochain d’un bâtiment français spécialisé, le « Beau temps - beau prêt » confie M. Soilih Mohamed Soilih, le chargé de la communication à la cellule de crise. Ce bâtiment de la marine française, de type USBL va devoir avec l’appui d’un hélicoptère et son équipe de plongeurs, cartographier le fond marin depuis la pointe nord de Ngazidja vers la zone, situé environ 7 km. L’appareil étant localisé dans ce rayon, il serait toutefois difficilement accessible à cause des récifs marins de type volcanique, selon des spécialistes. Ce qui nécessite donc de gros moyens dont le pays ne dispose pas.
D’ores et déjà, les balises des enregistreurs de vol sont perçues dans un rayon de 100 m a laissé entendre la partie française. Ce rapport qui date du 13 juillet dernier donne à croire que les deux parties (Union des Comores et la France) coordonnent bien les informations. Toutefois, force est de constater que pour la partie française, le Bureau enquête et analyse (BEA) est chargé pour sa part de fournir son expertise en matière de recherche pour faire intervenir un robot capable d’atteindre la carlingue qui semble être coincé entre 800 à 1200 mètres de profondeur.
Ce qui nécessite l’utilisation d’un navire câblier de France télécoms, attendu sur zone le 04 août prochain. Ceci étant, ce câblier pourrait ensuite identifier le type de sous marin « robot » pouvant accéder à ces fonds réputés dangereux et inaccessibles aux plongeurs, afin de récupérer les fameuses boites noires, pièces maitresses de toute la procédure d’enquête qui risque de prendre plusieurs mois, voire des années. Autant dire que le mécanisme n’est pas du tout un tour de magie.
Interrogé sur la question de savoir quand les familles des victimes pourront espérer récupérer les corps de leurs parents pour enterrement, Eric Abraham, agent du ministère français des affaires étrangères et européennes qui fait office de coordonnateur à la cellule de crise, dira « qu’il faut encore patienter un moment » car les autorités Tanzaniennes exigent en préalable « une autopsie de tous les corps repêchés » et ce, pour identifier réellement les origines des 22 victimes, repêchées au large de l’île de Mafia. « L’appareil transportait des passagers de plusieurs nationalités différentes (français, yéménites, canadiens, comoriens….) » insiste-t-il, ce qui est donc une démarche légale.
Au total, 8 pays ont dépêchés des équipes pour prêter main forte, tantôt pour la récupération des corps depuis la Tanzanie, tantôt pour les opérations de recherches de l’épave sur place aux Comores, qui reste de loin le pays le plus durement touché par ce terrible crash. Mais notons au passage que seule la France, de par sa présence dans la zone et l’importance de ses moyens déployés pour la circonstance, est le plus impliqué en mobilisant son dispositif naval et aérien comme ses ressources humaines et financières pour les recherches.
Face à cette situation, l’on s’interroge encore sur les dispositions prises par les autorités comoriennes justement pour la récupération et l’acheminement des corps, une fois identifiés. Au PC du Cosep, des frigos-conteneurs sont étalés et un hall est improvisé pour autopsie avec d’autres conteneurs pour les bagages. Mais en réalité ce dispositif s’avère très insuffisant par rapport à l’ampleur des besoins en matière d’assistance aux victimes et à leurs familles. Le plan de contingence aux situations d’urgence et aux catastrophes, élaboré avec l’appui du Système des Nations Unies, serait à notre humble avis le mieux adapté pour éviter les improvisations et agir efficacement dans l’intérêt de la population durement éprouvée.
A. Nabahane
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