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| Société - Arrivée des familles des victimes à Moroni |
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| Le deuil est ravivé |
| Publié par: HZK-Presse: 14/07/2009 - 23:39:50 |
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| Des larmes et des sanglots d’un coté, des prières de l’autre, la tristesse était vive à l’aéroport prince Said Ibrahim ce lundi soir. Des femmes qui s’écroulent sur le tarmac, il fallait l’assistance des proches pour pouvoir les tenir débout. Ce sont des passagers affaiblis et abattus qui sont descendus de l’A310 de la compagnie Blue Line en provenance de Paris, via Marseille.
Ces hommes, femmes et enfants, de tous les âges, sont exténués non pas à cause des 10 heures de vol qu’ils viennent de faire pour rallier le pays, mais par la douleur qu’ils endurent depuis cette catastrophe aérienne la plus grave de l’histoire des Comores. Le dispositif médical et psychologique mis en place n’a pu hélas contenir la souffrance de ces familles qui ont perdu des êtres chers dans des conditions non encore élucidées.
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Le tout nouvel ambassadeur des Comores à Paris est le premier à sortir de cet appareil affrété par l’assureur de Yéménia Airways. Après les embrassades avec le chef de l’Etat qui les attendait au pied de l’avion, place aux autres familles des victimes de saluer le président Sambi. « Nous avons vécu le deuil difficilement en étant loin de nos familles et du pays. Maintenant, ces familles ont besoin de recueillement et d’apaisement pour faire face à cette catastrophe nationale », déclare l’ambassadeur Abdallah Mirghane, aussi ému que les autres.
« On se doutait de l’ampleur du deuil au pays mais on se rend compte que l’émotion est encore plus grande ici. Le fait que le président et tout son gouvernement aient fait le déplacement, nous rassure... Maintenant, il reste à tout faire pour retrouver les corps », lance dans son boubou blanc et son bonnet, Said Mohamed qui a perdu 2 membres de sa famille lors de l’accident de l’Airbus de la compagnie yéménite abîmé en mer il y a deux semaines.
Entre émotion et colère…
Dans le hangar où devait arriver les passagers du vol IY 626 de Yéménia, une prière est improvisée à la mémoire des 152 personnes péries dans l’accident [qui n’a fait qu’une seule survivante], et dont un peu plus d’une vingtaine seulement est repêchée au large de la Tanzanie, à plus de 300 km de la Grande-Comore.
Après le départ des autorités, le collectif des familles des victimes a, à sont tour, improvisé un speech sur une chaise de la salle d’attente. Elkabir annonce que « jeudi, on organise une réunion au Palais du peuple. Il faut qu’on l’organise car nous qui sommes restés au pays partageons la même douleur. Le combat s’annonce très long pour savoir ce qui s’est passé la nuit du 29 juin ». L’on apprendra aussi qu’une « marche silencieuse est prévue après cette réunion », à en croire des sources proches du collectif.
La sortie des 181 membres des familles arrivés de France a provoqué une autre émotion au contact avec leurs proches venus les accueillir. Ils étaient quelques centaines de familles à les attendre dehors dans le calme. C’était encore un moment de recueillement et de compassion. Sauf qu’ils doivent faire vite. Ces familles de la diaspora n’ont qu’une petite semaine pour faire le deuil avec les proches qui sont au pays. C’est pourquoi certains passagers de ce vol charter, « trouvent cette durée trop courte ». Ils envisagent même de ne pas prendre le vol retour prévu le 20 juillet, quitte à prendre en charge leurs frais de voyage.
Ahmed Abdallah
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