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| Société - Décès d’un détenu politique |
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| L’institution judiciaire épinglée par l’avocat du syndicaliste Farouk |
| Publié par: HZK-Presse: 09/07/2009 - 09:06:24 |
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| Vendredi 03 juillet dernier vers 13 heures, Me Ahmada Mahamoud avocat au barreau de Moroni constitué avec d’autres confrères pour la défense d’un détenu « politique », nommé Mohamed Farouk, inspecteur du trésor et ex-premier fondé de pouvoir à la trésorerie générale des Comores (2006-2007), et de surcroît secrétaire général du syndicat des agents du ministère des finances, apprendra « par hasard » le décès de son client, par le juge d’instruction chargé du dossier du regretté.
Un mandat d’arrêt en date du 11 mai dernier avait placé le syndicaliste en question en détention à la maison d’arrêt de Moroni. A trois reprises, sur demande de son avocat et du détenu lui-même, le justiciable Mohamed Farouk sollicitera sa mise en liberté à titre provisoire pour des raisons médicales mais en vain.
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Le parquet de Moroni restera insensible, déplore la défense, et Farouk ne bénéficiera pas de cette « liberté provisoire », encore moins de mise en liberté d’office signifié par le juge d’instruction le 29 juin passé au profit du détenu. Et pourtant, à en croire les trois avocats, ce droit aurait été légitime au vu de l’instruction. Un appel du parquet clouera le détenu jusqu’à sa déchéance totale suite à une hémorragie interne qui s’est déclarée dans la nuit du jeudi 02 au vendredi 03 juillet, depuis sa cellule de prison d’où il a été évacué par le gardien en chef vers les services des urgences du CHN El-Maarouf.
Le détenu allait succomber des suites de cette hémorragie quelques heures seulement dans son lit d’hôpital, vers 11 heures du matin. Pour dénoncer cette grave défaillance, qualifiée « d’abus de l’institution judiciaire », les avocats de la défense organiseront une conférence de presse le lendemain de son enterrement, samedi 04 juillet à l’hôtel Le Moroni, en présence des membres du gouvernement de Ngazidja, de la famille et amis du regretté et d’une importante assistance composée de leaders politiques et syndicalistes.
Les avocats de la défense ont confié aux journalistes que leur client a été « lavé de toute charge concernant les faits qui lui sont reprochés ». Pour rappel, le 08 mai dernier en pleine campagne référendaire, l’opposition avait juré de boycotter les meetings et le vote lui-même. Mohamed Farouk un proche collaborateur du chef de l’exécutif de Ngazidja sera arrêté par la gendarmerie dans son village natal « Mitsoudjé » où un meeting en faveur de « oui » s’est terminé dans une bagarre entre partisans et adversaires de la révision constitutionnelle.
L’on s’interroge encore sur les motifs de son arrestation, et surtout les conditions de détention mais aussi la défense laissera entendre qu’en principe pour les cas semblables de « flagrant délit » le code pénal en son article 147 impose au tribunal une procédure rapide, obligeant le juge à statuer dans des délais assez courts. Or parmi les prévenus arrêtés le même jour que Farouk, quatre ont retrouvé leur liberté, et d’autres sont placés sous contrôle judicaire !
Raison pour laquelle la défense réclame que la lumière soit faite pour punir les vrais bourreaux du secrétaire général du syndicat des agents du ministère des finances. Mort à 50 ans, Farouk a laissé une veuve et cinq enfants de 2 à 14 ans privés à jamais de leur père.
A. Nabahane
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